Olga Kisseleva [r]

Connections

Olga Kisseleva Video Connections Dimitry Pilikin Installation hut Ce monde a sur tous les continents objets, structures créér et fait par l’homme. Dans ma creation iglu j’ai essayé de penser comme un membre d’une tribu qui a essayé de reconstruire une maison dans le contexte de pas conaitre les significations de ces objects avec son imagisation il a créé iglu contemporary architecture avec tout ce que il a trouve sur les decharges de notre civilication. “Un mince vernis de réalité immédiate recouvre la matière, naturelle ou fabriquée, et quiconque désire demeurer dans le présent, avec le présent, sur le présent, doit prendre garde ne pas briser la tension superficielle.” Telle est la transparence des choses… Cet étrange roman de Nabokov, et le téléscopage de temps et de lieux qu’il déploie, traite également de la nécessité presque anthropologique de la fiction : feindre ce n’est pas (seulement) proposer des leurres, des simulacres ludiques, c’est aussi élaborer des structures intelligibles. Le réel ne doit-il pas être fictionné pour être saisi ? C’est cette question qui anime l’oeuvre d’Olga Kisseleva. Son intervention ici la traitera sous un angle précis : dans Connexions, Olga Kisseleva construit un espace fictionnel à partir des images vidéo, retravaillées de façon à optimiser leur fluidité. Les images sont projetées à l’échelle un, de façon à provoquer l’immersion des spectateurs / participants dans l’espace, comme s’ils se trouvaient effectivement dans la ville que le dispositif les fait traverser virtuellement. Ces vidéos ont été tournées dans des différents endroits de la planète. Ce sont des “ road movies ”, qui représentent les traversées de grandes villes (New York, Paris, New Delhi, etc.) et des endroits mythiques (Death Valley, Carnaval de Rio, Croisette à Cannes, la Place Rouge à Moscou, etc.). Si le cadrage reste toujours le même, le montage masque les coupures, et le Brooklyn Bridge nous mène aux Champs de Mars, et en tournant du Nevsky Prospect on se retrouve sur El Camino Real… Le spectateur ne se rendant compte qu’après-coup qu’il vient de changer de continent. Kisseleva nous promène sur un paysage ontologique qui est à la fois partout et nulle part, ici et ailleurs ; mais il s’agit d’une nulle part bien concrète. Non pas dans un hic et nunc, un now here, mais dans un complexe d’espace et de temps, rapidement et partout déménageable, l’objet d’une rencontre plus que d’une reconnaissance. Je ne trouve pas de meilleur mot pour désigner cette expérience que celui qu’avait forgé Samuel Butler, faisant à la fois un déguisement du mot Nowhere et un boulversement de now here : Erehwon. C’est un erehwon. Dans le faisceau infiniment complexe d’images qui compose l’imaginaire, il y a bel et bien des connexions. C’est pour ainsi dire la teneur de vérité des fictions qu’interrogent le travail d’Olga Kisseleva.